#maEsanté vue par les experts

Interview de Paul-Louis Belletante,Président Associé fondateur Betterise Health Tech

En tant qu’entrepreneur dans la e-santé quelles sont vos attentes dans ce domaine ?

Aujourd’hui, la e-santé permet à chacun de vivre mieux. Grâce à la e-santé, une personne en bonne santé peut ainsi plus facilement prendre soin de lui, en prenant du recul sur ses habitudes et en comprenant quels comportements lui sont bénéfiques. Grâce à la e-santé, une personne devant faire face à une maladie chronique peut, quant à elle, recevoir un accompagnement digital fiable, personnalisé, lui permettant de mieux comprendre sa maladie, son traitement, et d’être mieux accompagnée au quotidien.

Mais nous n’en sommes qu’au début. Parce que la e-santé va permettre de profondément changer le parcours de santé au bénéfice à la fois du patient, et du médecin, nous devons ainsi continuer d’innover pour offrir, chaque jour, de nouvelles solutions permettant à tout un chacun de prendre en main sa santé, en toute autonomie, mais toujours connecté à son médecin.

Pouvez-vous nous définir le mot « innovation » ? Quelle en est votre vision en tant qu’entrepreneur ?

Pour moi, Niels Bohr a donné une définition parfaite de l’innovation lorsqu’il disait : “ce n’est pas en améliorant la bougie que l’on a créé l’ampoule”. L’innovation, c’est cette capacité à se mettre en risque, à croire en sa vision, pour créer des solutions qui semblent à première vue ne pas pouvoir exister. C’est s’autoriser à créer en dehors du cadre.

Quelle définition donneriez-vous de la santé connectée ?

La santé connectée, c’est le fait d’utiliser les nouvelles technologies numériques pour donner à chacun plus d’autonomie dans la gestion de sa santé.

Et celle d’un objet connecté ?

Un objet connecté permet de traduire certains de vos comportements en données pouvant être analysées, pour les rendre utiles à votre santé.

Pour certaines personnes, il y a des aprioris sur l’usage des objets connectés. Cela leur semble compliqué de les utiliser. Comment peut-on les rassurer et les inciter à les tester ?

L’utilisation des objets connectés est de moins en moins complexe, car de plus en plus intégrés dans des objets de notre quotidien : montres, téléphones.

Néanmoins, la peur d’une utilisation frauduleuse des données récoltées provoque encore chez certains une méfiance à laquelle il faut répondre : aujourd’hui, la loi française est extrêmement claire et précise. Personne ne peut utiliser vos données à votre insu, c’est un délit grave. Et lorsque l’on parle de données concernant votre santé, la législation est encore plus précise, puisqu’elle impose un cryptage de ces mêmes données, les rendant ainsi inutilisables pour toute utilisation autre que par le patient ou son médecin.

Certains réduisent les objets connectés santé aux bracelets, trackers notamment pour les sportifs… Pouvez-vous revenir sur le type de données personnelles qui peuvent être collectées ? et leurs usages ?

La révolution de la santé connectée ne se borne en effet pas aux simples trackers d’activité, loin de là …

Nous assistons à une explosion de l’usage des dispositifs médicaux connectés, permettant à chaque patient de faire chez lui des examens poussés, pouvant renseigner à distance son médecin sur l’évolution de son état de santé.

Des balances qui mesurent la vitesse d’ondes de pouls aux tensiomètres connectés, en passant par des glucomètres connectés … Tout acte de mesure pouvant être fait par le patient disposant d’un objet connecté, permet  une simplification drastique de l’organisation du suivi des malades chroniques.

Selon vous, les objets connectés peuvent-ils devenir un jour omniprésents dans notre quotidien ? Existe-t-il un risque de dépendance ?

Les objets connectés, de par la simplification du parcours de santé qu’ils amènent, et la réduction importante des coûts de suivi des maladies chroniques qu’ils engendrent, deviendront oui omniprésents dans le parcours de santé. Au même titre que les services d’accompagnement digitaux qui vont vous permettre de donner un sens à l’ensemble de ces mesures.

Quant au risque de dépendance… le seul risque que je perçois, c’est la dépendance du patient à sa liberté et à sa bonne santé, qui sont favorisées par l’essor de cette nouvelle forme de santé, connectée à son médecin.