#maEsanté réinventée par les startups

Interview de Morgan Lavaux co-fondateur de Gaspard

Morgan, vous êtes le co-fondateur avec Valentin Roy, comment est née votre idée de coussin connecté ?

Valentin et moi, nous sommes âgés de 29 ans et nous sommes amis depuis au moins 10 ans. Suite un accident de sport, je dois me déplacer en fauteuil roulant et c’est à partir de là que j’ai commencé à réfléchir à cette idée de coussin connecté. J’en ai discuté avec Valentin et  notre interrogation sur les problématiques liées aux escarres à trouver sa solution avec l’objet connecté Gaspard. On a ainsi allié nos forces et compétences pour le créer et répondre ainsi aux besoins de milliers de personnes à mobilité réduite.

Gaspard c’est quoi exactement ?

Gaspard est un tapis connecté intelligent, installé sur le fauteuil roulant, en dessous du coussin anti-escarre. Gaspard observe la position de son utilisateur grâce à ses capteurs en mesurant le temps de changement de sa position ainsi que la pression exercée. Ces deux variables permettent à Gaspard de mesurer une mauvaise position de l’utilisateur dans son fauteuil roulant. Dans ce cas il avertit son utilisateur et/ou le soignant de sa mauvaise position ou d’une dégradation de la qualité de l’assise, directement sur une application dédiée. Les différentes anomalies, pertes de poids et historiques sont ainsi accessibles et permettent une prise en charge plus efficiente au besoin.

Entièrement tourné vers son utilisateur, Gaspard lui apporte un plus grand confort et une sérénité au quotidien. Gaspard est véritablement autonome, il interagit avec son utilisateur uniquement en cas de besoin. La solution est évolutive, elle s’adapte à la plupart des pathologies. Gaspard est aussi là pour faciliter le dialogue avec le médecin ou les soignants en générant des données utiles et en regroupant tout dans son application.

Comment avez-pu créer Gaspard ?

C’est Hector, une station météo qui a servi de test pour une meilleure connaissance des objets connectés. Ce fut un réel tremplin pour la suite avec la création de Gaspard. En retour d’expérience nous avons eu 8 000 exemplaires vendus pour Hector. Ce qui nous a permis de lever des fonds pour créer 20 prototypes Gaspard auprès de patients. Sa mise en production prochaine sera de 200 exemplaires et à venir une campagne de crowfounding pour un coup de com’. Notre objectif 2017 est sa mise en vente.

Avez-vous été aidés dans votre démarche par des acteurs locaux ?

Nous avons remporté un concours en 2015 à La cité de l’objet connecté à Angers avec laquelle nous avons grandi. Puis c’est mis en place un partenariat avec Harmonie Mutuelle qui nous accompagne dans notre communication. Pour l’industrialisation, la mass production, nous sommes accompagnés par Eolane.

En tant qu’entrepreneur dans la e-santé quelles sont vos attentes dans ce domaine ? Quel regard portez-vous sur l’industrie de la e-santé actuelle?

Il faut être avant tout proactif sur des diagnostics, et être sur la prévention des risques. Nous devons être vigilants sur l’échange de données, sur la sécurisation des données patients. De notre côté, pour le moment nous ne procédons pas à la récolte de données.

Pouvez-vous nous définir le mot « innovation » ? Quelle en est votre vision en tant qu’entrepreneur ?

Je porte un regard positif sur l’innovation, au-delà de l’objet connecté il y a des bénéfices utilisateurs. Il faut être agile et répondre aux besoins de manière proactive.

On doit garder en tête qu’il faut avant tout attacher de l’importance à l’humain, répondre à un besoin.

mister gaspard